Tous les soirs.
2026
64 savons numérotés et associés à 64 fragments de pensée. Cadre en bois peint. 62x82 centimètres
Tous les soirs.
2026
64 savons numérotés et associés à 64 fragments de pensée. Cadre en bois peint. 62x82 centimètres
Dans la continuité d’une pratique qui interroge la mémoire des objets ordinaires, cette œuvre s’appuie sur une collecte participative de savons usagés.
Chacun d’eux porte une histoire intime : une surface qui s’use, s’efface peu à peu, tout en conservant la trace discrète de gestes répétés.
Assemblés côte à côte, les savons composent un ensemble fragile, proche d’une collection aux allures d’inventaire. Une tentative de classement presque méthodique, comme si le monde pouvait encore être ordonné au moment même où il se défait.
À chaque savon est attribué un numéro, lui-même associé à un fragment de pensée : une phrase, un mot, une sensation qui aurait façonné le savon au moment où, le soir, on se lave les mains en rentrant chez soi.
En reliant les numéros aux fragments, le visiteur recompose mentalement des récits lacunaires. Les phrases évoquent des départs silencieux, des relations qui se délitent, des présences qui s’effacent sans bruit.
L’œuvre interroge ainsi ce que nous conservons des autres : les traces infimes laissées dans les objets du quotidien, les pensées fugitives qui traversent les gestes les plus ordinaires, et la manière dont la mémoire persiste au sein même de ce qui disparaît.
Récolte, des savons par la poste, de mains à main, une pleine boite parfois